Vendredi 6 mars 2009
La France malade de ses prisons ! Surpeuplées, en butte à un taux alarmant de suicides et à des problèmes de sécurité révélés par de récentes évasions, les quelque 200 prisons françaises ont rarement été autant montrées du doigt par les professionnels et les associations de défense des détenus.
Le Conseil de l’Europe n’hésite pas à dénoncer, régulièrement, les conditions de vie lamentable imposées aux prisonniers français. Vétusté, promiscuité, manque d’hygiène… C’est un tableau bien noir et une image toujours plus jaunies que nous offrons à la vue de nos voisins. En juin 2000, un rapport sénatorial titrait : « Prisons, une humiliation pour la République ». Neuf ans après rien n’a changé ! Pourtant… Que ce cri d’urgence était fort !
Doit-on pour autant se résigner ? Se contenter de contempler, année après année, l’ampleur du désastre ? Dans le pays des Droits de l’Homme, ce serait un comble ! Un sursaut d’indignation est bien le minimum. Mais comment arriver à bousculer la machine carcérale. À la bouger si fortement que le déni d’une réalité vieille de plus vingt ans évolue. La question demeure entière.
Les citoyens qui, en dépit de leur position sociale, ont été amenés à faire un séjour derrière les barreaux, ont dénoncé avec force la nécessité de transformer l’institution. Les personnalités incarcérées suite aux affaires de financements politiques ont aussi, fortes de leur aura médiatique, critiqué le « scandale carcérale ». À leurs voix, ce sont mêlés celles de chanteurs, d’acteurs, de médecins… Tous appelaient de leurs vœux une réforme.
Mais quelle réforme ? Qu’est-ce qu’une « bonne prison » ? Et puis comment expliquer aux citoyens qu’il faut dépenser plus pour financer le séjour de criminels ? Autant de questionnements qui ont jusqu’ici paralysé le débat.
Aujourd’hui, le projet de loi pénitentiaire de Rachida Dati est en examen au Sénat. Le texte achoppe sur certains points d’importance. Mais après plus de vingt ans d’inaction, les professionnels sont prêts à patienter une année de plus pour que la montagne n’accouche pas d’une souris. Reste qu’il sera prioritaire de diversifier l’offre et d’améliorer la qualité de prise en charge du détenu pour que la prison ne soit plus qu’une machine à récidive.
Par Nicolas Thaï - Publié dans : Libre pensée
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