Vendredi 20 mars 2009
Chirac l’avait promis, Sarkozy l’a fait ! La TVA sur la restauration va, après des années de combat à Bruxelles, baisser à 5,5 %.
Finalement, le verrou allemand aura cédé devant la ténacité des restaurateurs. Il faut en effet remonter à 2000 pour trouver les premières traces officielles de cette requête française. À l’époque, c’est Martine Aubry, alors au gouvernement, qui formule la demande de baisse. Une demande qui sera reprise, avec force, par Jacques Chirac. Il en avait même fait une promesse présidentielle. Mais Jacques Chirac n’obtiendra pas gain de cause sur le sujet. Qu’à cela ne tienne… Nicolas Sarkozy, nouvellement élu à la tête de l’État en mai 2007, s’empare à son tour du relais. Et sans faire de promesses particulières, il réussit là où ses camarades politiques avaient échoué. Non pas que sa baguette soit plus magique que les autres, mais le contexte économique a sûrement porté sa voix un peu plus loin et un peu plus fort.
Heureuse ? La profession l’est assurément après ces neuf années de lutte. 5,5 %, c’est ce que les restaurateurs et les cafetiers réclamaient. Un beau cadeau donc… Mais un cadeau qui grève les caisses de l’État de près de 3 milliards d’euros. À ce prix-là, Bercy exige un minimum de contrepartie à la fois sur les prix et l’emploi. Un geste nécessaire si les cafetiers et les restaurateurs ne veulent pas s’attirer les foudres de consommateurs qui se souviennent encore d’une profession qui a eu l’art de pratiquer l’arrondi lors du passage à la monnaie unique.
Pour autant, ce cadeau n’est pas immérité. Il apporte même un rééquilibrage de l’assiette. Les fast-foods et la restauration rapide profitaient en effet jusqu’à maintenant seuls d’un taux de TVA faible. Ce qui était profondément injuste et encourageait une certaine forme de malbouffe au détriment de restaurateurs qui essaient généralement de proposer des menus de qualité. Et c’est en ça une victoire !
Bien partagé, le cadeau peut même redonner de l’air à une profession qui souffre. C’est vrai que les salaires ont besoin d’être augmentés –les jeunes hésitent à s’engager dans cette profession difficile et souvent mal rémunérée–. C’est vrai aussi que les établissements ont besoin de marger un peu plus. Et il est tout aussi vrai que le consommateur serait heureux de payer un peu moins cher le contenu de son assiette. Relance de la consommation et dynamisation de l’emploi… Voilà à quoi il faudra désormais veiller, car ce sont les ingrédients pour que cette avancée profite à tous. Le sens du partage doit primer ! Sans quoi, ce cadeau sera vécu par beaucoup de monde comme la victoire d’un clientélisme certain.
Par Nicolas Thaï - Publié dans : Libre pensée
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Recherche

Catégories

Recommander

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus